Oedipe et
le sphinx
Voici quelques écrits complets de Freud.
Totem
et Tabou
Le
moi et le ça
Psychologie
collective et analyse du moi
Malaise
dans la civilisation
Les séminaires de Lacan.
http://gaogoa.free.fr/Seminaire.htm
Conseil de lecture :
Lucien Israël - la jouissance de l'hystérique. Points
Du désir
"Je vais essayer de faire un pas, qui doit être capital dans l'ordre de
la comprehension d'une part et dans celui de la clinique de l'autre.
Nous étions arrêtés précédemment à la question du désir, que j'avais
précédemment défini comme tentative d'une réalisation, tentative d'une
réussite. Cela exige que nous entendions ce que le terme réussite
désigne ou cache. Réussir, en fait, j'avais commencé à vous rappeler
que cela signifiait "faire plaisir à maman". nous verrons plus loin ce
qu'il faut entendre par signification. Je m'en étais pris un peu peu
aux psychiatres pre-pubères, parce que cette conception des mères
responsablesn ce n'est pas autre chose qu'un symptômes supplémentaire
de l'inaccomplissement paternel. Les pères qui n'accomplissent pas
quoi... ? L'inaccomplissement, c'est quelque chose qui se glisse dans
l'oedipe, qui vient le perturber à partir du moment où Hamlet est
concevable. Qu'est-ce qui distingue Oedipe de Hamlet, dès lors que tout
le monde sait que ce dernier est une figure oedipienne ? Bien dûr qu'il
est une figure oedipienne, seulement il fourgue au tonton de service la
charge de baiser la mère et de tuer le père : c'est une différence qui
compte. D'aucuns diront : on lui a barboté ses bonnes intentions.
Autrement dit, c'est quelqu'un qui n'a pas réussi, Hamlet. Et si vous
vous souvenez de la définition de la réussite, à savoir "faire plaisir
à maman", en effet, il n'a pas réussi, lui; du coup, elle est allée
chercher quelqu'un d'autre, parce que papa non plus n'avait pas réussi.
Que demandent les mères ? Les mères demandent à leur fils, à leur
fille, à leur bébé, de leur faire plaisir et ça devient tellement
rebattu tellement rabâché qu'on n'a plus la possibilité de voir dans
cette demande des mères ce qui est caché derrière. ce qui est caché
derrière, c'est justement une demande tout autre. Non pas une demande
de plaisir immédiat mais, au contraire, une demande de différer ce
plaisir dans un avenir douillet et sûr, cete avenir qui vous est
proposé si vous faites de temps en temps les autoroutes allemandes, par
de grands placards on peut lire " Travailler jusqu'à 60 ans et après ça
vivre". Là, vous pouvez être tranquilles, ce ne sont pas les mères qui
ont inventé ces placards, ce sont les pères; car ce qui se glisse dans
l'inaccomplissement paternel, ce qui va de pair avec le renoncement de
l'oedipe, c'est de toute évidence le souci du lendemain. Quand on
renonce à jouir aujourd'hui, on se demande ce qu'on fera demain. Et
pour que demain ne s'impose pas encore le désir sous une forme ou une
autre, on bouche le trou dans lequel on risque de chuter par la
nécessité de mettre de l'argent de côté pour ses vieux jours. ce qui
fait que nous vivons dans un monde empesté par les vieux jours ou,
c'est la même chose, par les jours des vieux.
La frousse des pères devant le lendemain, la frousse des pères devant
leurs désirs, devant leur femme, devant les femmes, devant leurs
responsabilités, cette peur devant ce que demande les femmes, c'est
bien ce qui caractérise l'homme d'aujourd'hui. le résultat est très
simple : nous sommes tellement enfoncés, engoncés dans
l'inaccomplissement que l'homme d'aujourd'hui est toujours un peu - et
je suis indulgent - enfant devant la femme"
Chapitre "Du désir" pages 125/127