Oedipe et
le sphinx

Homoparentalité
Peut-être serait-il temps que l'homoparentalité soit reconnu pour les couples ET les enfants....
Sujet
polémique s’il en est un, le droit à l’homoparentalité pour les parents
ET les enfants. Sujet provocateur pour certains, imaginant que seul le
modèle hétérosexuel de la famille post après guerre issue elle-même du
XIXeme siècle est un modèle viable pour l’enfant... et les parents je
suppose.
La société française, en refusant le mariage aux
homosexuels et en proposant le pacs, a dévié la question de l’adoption
d’enfants par les couples homosexuels... reportant à plus tard un sujet
qui est moins un désir qu’un sujet de société. Quid de ces parents qui
sont déjà dans le cadre de l’homoparentalité mais qui n’en ont pas les
droits, quid des enfants de ces couples ? Quel regard la société, et
l’autre plus généralement porte sur eux ?
Les arguments
psychologiques fallacieux qui voudraient nous faire croire que pour le
bien de l’enfant, il faut des parents hétérosexuels sont mensongers. La
sexualité des parents n’a rien à voir avec l’éducation. Vouloir faire
entrer la sexualité des parents dans l’éducation de l’enfant porte
d’ailleurs un autre nom. Quant à la référence de l’enfant à un père ou
une mère différencié sexuellement, mon expérience d’analyste m’a
démontré plus d’une fois que dans les familles monoparentales ou dans
les familles avec adoption de l’enfant, ce dernier allait chercher ses
références en dehors du couple biologique père-mère. La famille
adoptive est d’ailleurs le modèle le plus proche de la famille
homoparentale. L’étude du professeur Stéphane Nadaud (lire un résumé
ici : http://www.lgbth.com/homoparentalite/etudes/nadaud_1999.html ou
son livre : Homoparentalité , Une nouvelle chance pour la famille,
Fayard, 2002) tend à démontrer ce fait.
Mais surtout,
l’expérience clinique m’a démontré que le désir d’enfant chez les
couples homosexuels n’est pas pris à la légère. Ils le questionnent,
l’interrogent, solidifient leur couple avant d’entamer toute démarche.
De fait, ce sont pour l’instant essentiellement les femmes qui
constituent l’essentiel des familles homoparentales en France, et ce
pour des raisons évidentes (famille recomposé après divorce,
fécondation in vitro en passant la frontière, ami proche) plus que par
l’adoption.
Les vraies difficultés présentes et à venir sont
pour les couples gays plus que lesbiens mais surtout pour les enfants.
La non reconnaissance de leur droit à avoir des parents différents est
et sera une source de difficulté dans leur insertion sociale. C’est de
notre devoir de les soutenir et de faire en sorte que le droit français
reconnaisse un état de fait et un désir qui ne repose pas sur une
“lubie de lobby” et renvoie aux oubliettes les fantasmes d’un autre âge
sur la dangerosité des couples homosexuels.