« Pourquoi est-ce qu'il n'y a pas de place pour le discours hystérique ? Pourquoi le faire taire ?... Parce qu'il pourrait montrer le dérisoire des objectifs de l'homme, la misère de sa sexualité, le néant de son bonheur. En un mot, l'hystérie est ce qu'elle a toujours été : un bastion de résistance au bonheur du masculin, le tout en langage poétique.» L. Israël ,Fin des hystéries , fin d'un psychiatrie, in le Trimestre psychanalytique,numéro spécial, Grenoble, Paris ,1987, p 33
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Homoparentalité
   
Peut-être serait-il temps que l'homoparentalité soit reconnu pour les couples ET les enfants....

Sujet polémique s’il en est un, le droit à l’homoparentalité pour les parents ET les enfants. Sujet provocateur pour certains, imaginant que seul le modèle hétérosexuel de la famille post après guerre issue elle-même du XIXeme siècle est un modèle viable pour l’enfant... et les parents je suppose.

La société française, en refusant le mariage aux homosexuels et en proposant le pacs, a dévié la question de l’adoption d’enfants par les couples homosexuels... reportant à plus tard un sujet qui est moins un désir qu’un sujet de société. Quid de ces parents qui sont déjà dans le cadre de l’homoparentalité mais qui n’en ont pas les droits, quid des enfants de ces couples ? Quel regard la société, et l’autre plus généralement porte sur eux ?

Les arguments psychologiques fallacieux qui voudraient nous faire croire que pour le bien de l’enfant, il faut des parents hétérosexuels sont mensongers. La sexualité des parents n’a rien à voir avec l’éducation. Vouloir faire entrer la sexualité des parents dans l’éducation de l’enfant porte d’ailleurs un autre nom. Quant à la référence de l’enfant à un père ou une mère différencié sexuellement, mon expérience d’analyste m’a démontré plus d’une fois que dans les familles monoparentales ou dans les familles avec adoption de l’enfant, ce dernier allait chercher ses références en dehors du couple biologique père-mère. La famille adoptive est d’ailleurs le modèle le plus proche de la famille homoparentale. L’étude du professeur Stéphane Nadaud (lire un résumé ici : http://www.lgbth.com/homoparentalite/etudes/nadaud_1999.html ou son livre : Homoparentalité , Une nouvelle chance pour la famille, Fayard, 2002) tend à démontrer ce fait.

Mais surtout, l’expérience clinique m’a démontré que le désir d’enfant chez les couples homosexuels n’est pas pris à la légère. Ils le questionnent, l’interrogent, solidifient leur couple avant d’entamer toute démarche. De fait, ce sont pour l’instant essentiellement les femmes qui constituent l’essentiel des familles homoparentales en France, et ce pour des raisons évidentes (famille recomposé après divorce, fécondation in vitro en passant la frontière, ami proche) plus que par l’adoption.

Les vraies difficultés présentes et à venir sont pour les couples gays plus que lesbiens mais surtout pour les enfants. La non reconnaissance de leur droit à avoir des parents différents est et sera une source de difficulté dans leur insertion sociale. C’est de notre devoir de les soutenir et de faire en sorte que le droit français reconnaisse un état de fait et un désir qui ne repose pas sur une “lubie de lobby” et renvoie aux oubliettes les fantasmes d’un autre âge sur la dangerosité des couples homosexuels.