|
|
Oedipe et
le sphinx

Comment
choisir son analyste
Comme
si vous choisissiez un bon vin... Renseignez-vous au préalable mais
goûtez avant de consommer franchement. Parce que l'investissement
émotionnel est fort vis à vis d'un thérapeute, il est difficile aussi
d'en changer. Sachez à qui vous avez affaire, n'hésitez pas à poser des
questions franches pendant le premier rendez-vous. Est-il
psychanalyste, psychothérapeute ? Quelle est sa formation ? Quelle est
son expérience personnelle ? Comment aborde-t-il l'analyse ? Posez un
maximum de questions et méfiez-vous des couteaux suisses ou de ceux qui
ne sont pas capables d'exprimer clairement leur pratique.
Ne
vous formalisez pas uniquement sur les thérapies ou les écoles. Il n'y
a pas de "bonne" thérapie, mais il y a des "bons" et des "mauvais"
psys. Comportementaliste, Psychothérapeute, Psychanalyste freudien,
lacanien ou autre, l'important est que vous soyez en confiance avec
votre thérapeute et sa méthode.
Que signifie
être psychanalyste aujourd’hui
Etre
analyste n’est pas un sacerdoce mais demande de la part du praticien un
véritable désir d’analyser. Pour parler crûment, peu nombreux sont ceux
qui gagnent correctement leur vie. Nous sommes loin des périodes fastes
des années 60 à 70. Les psychanalystes sont bien moins nombreux et en
concurrence avec de nombreuses autres thérapies qui sans être sans
intérêt thérapeutique ne peuvent prétendre à la profondeur théorique et
le voyage particulier que propose l’analyse à chacun d’entre nous. Pour
rappel, l’analyse n’a pas pour technique de s’attaquer frontalement aux
symptômes et aux différentes névroses qu’un sujet peut développer. Les
symptômes, comme des crises ou des alertes ont leur source dans
l’inconscient et changent de visage autant qu’il est permis à un homme
d’imaginer tous les maux possibles pouvant l’accabler. La thérapeutique
analytique agit en profondeur, et il faut parfois quelques années avant
d’en sentir les bénéfices et la liberté qu’elle nous permet de
retrouver. Mais dans la perspective d’une vie, s’autoriser à être un
sujet libre, s’autoriser à vivre autrement alors qu’il faut dépasser
plusieurs décennies d’éducation et braver un corps social rigide, les
deux ou trois ans passés sur un divan paraissent bien courtes.
Aucune autre thérapeutique ne peut aujourd’hui proposer cela. C’est la
particularité de la psychanalyse et sa limite également.
Comment
devient-on psychanalyste
Il
n’existe en France aucune réglementation pour l’instant. La formation
est assez simpliste sur le papier, il suffit d’avoir soi-même été
analysé. En réalité, les analystes font souvent une longue analyse,
parfois suivie d'une seconde appelée didactique. Ils suivent ensuite
des formations à l'université ou auprès des grandes associations et
confrontent régulièrement leur savoir auprès de leurs collègues.
Choisir la psychanalyse plutôt que la psychothérapie ou tout autre
thérapie relève souvent d'une démarche personnelle complexe qui
présuppose une certaine éthique : le but d'une analyse étant de se
retrouver sujet libre et désirant, et un certain savoir commun,
notamment celui de l'inconscient. De fait, les analystes pratiquent
rarement d'autres thérapies. Une question ?
|